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mercredi 10 novembre 2010

L’Orange, Le parti pris des choses, PONGE, Le baccalauréat de français

L’Orange


Le parti pris des choses
PONGE

LECTURE ANALYTIQUE

Le corrigé fait deux pages word police 14, il comprend la lecture du texte, une problématique, une introduction, un développement en trois parties avec plusieurs paragraphes, des transitions, une conclusion avec une ouverture

Lecture du texte

L'Orange

Comme dans l'éponge il y a dans l'orange une aspiration à reprendre contenance après avoir subi l'épreuve de l'expression. Mais où l'éponge réussit toujours, l'orange jamais: car ses cellules ont éclaté, ses tissus se sont déchirés. Tandis que l'écorce seule se rétablit mollement dans sa forme grâce à son élasticité, un liquide d'ambre s'est répandu, accompagné de rafraîchissement, de parfums suaves, certes, -- mais souvent aussi de la conscience amère d'une expulsion prématurée de pépins.

Faut-il prendre parti entre ces deux manières de mal supporter l'oppression ? -- L'éponge n'est que muscle et se remplit de vent, d'eau propre ou d'eau sale selon : cette gymnastique est ignoble. L'orange a meilleurs goût, mais elle est trop passive, -- et ce sacrifice odorant... c'est faire à l'oppresseur trop bon compte vraiment.

Mais ce n'est pas assez avoir dit de l'orange que d'avoir rappelé sa façon particulière de parfumer l'air et de réjouir son bourreau. Il faut mettre l'accent sur la coloration glorieuse du liquide qui en résulte et qui, mieux que le jus de citron, oblige le larynx à s'ouvrir largement pour la prononciation du mot comme pour l'ingestion du liquide, sans aucune moue appréhensive de l'avant-bouche dont il ne fait pas hérisser les papilles.

Et l'on demeure au reste sans paroles pour avouer l'admiration que suscite l'enveloppe du tendre, fragile et rose ballon ovale dans cet épais tampon-buvard humide dont l'épiderme extrêmement mince mais très pigmenté, acerbement sapide, est juste assez rugueux pour accrocher dignement la lumière sur la parfaite forme du fruit.

Mais à la fin d'une trop courte étude, menée aussi rondement que possible, -- il faut en venir au pépin. Ce grain, de la forme d'un minuscule citron, offre à l'extérieur la couleur du bois blanc de citronnier, à l'intérieur un vert de pois ou de germe tendre. C'est en lui que se retrouvent, après l'explosion sensationnelle de la lanterne vénitienne de saveurs, couleurs, et parfums que constitue le ballon fruité lui-même, -- la dureté relative et la verdeur (non d'ailleurs entièrement insipide) du bois, de la branche, de la feuille: somme toute petite quoique avec certitude la raison d'être du fruit.

Francis Ponge - Le parti pris des choses (1942)

Problématique :

Peut on dire que la description de l'objet, "l'orange", parte de l'extérieur vers son sens?

Extrait de l'étude :

tout au long de cette description, le poète fait preuve d'un anthropomorphisme qu'il récuse pourtant en faisant appel au cinq sens de l'homme...

Plan du commentaire :

Problématique

Introduction

Développement

I - Description extérieure de l’orange, la texture

1) Comparaison avec l'éponge, mentionnant la composition une seule matière pour l'éponge et plus pour l'orange

2) l'odeur et le liquide de l’orange par rapport à l’éponge

Transition

II- A la suite de la pression de l'orange, celle-ci dégage de nombreuses effleures

1) Comparaison au citron

2) Mention particulière du citron qui marque par son acidité ce que l'orange n'a pas comme défauts

Transition

III- Au coeur de l'agrume elle parvient ainsi au pépin

Source de renaissance

Conclusion

Ouverture

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L'oral du baccalauréat : fonction du poète et de la poésie : le sonnet : Ronsard et Nerval : préparer l'entretien de l'examen avec les questions, les problématiques et les ouvertures


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ettre XXVI Julie ou la Nouvelle Héloïse, Rousseau Le roman épistolaire

lettre XXVI Julie ou la Nouvelle Héloïse, Rousseau

Le roman épistolaire

Le corrigé fait deux pages word police 14, il comprend une introduction, un développement en trois parties avec plusieurs arguments et une transition entre chaque, une conclusion, une ouverture.

Extrait de l'étude :

Rousseau saisit l’occasion de cette lettre pour exprimer toute la sensibilité romantique dans ses adieux, sensibilité qui le marque profondément et nous ramène à son opposition avec les philosophes trop exclusivement rationnels comme Voltaire....

Plan du commentaire :

Introduction

Développement

I/. La fuite

1/. Première réaction avant toute réflexion face à une difficulté et la fuite.

2/. Ce passage marqué par le champ lexical du voyage

Transition

II/. Le retour

1/. Les dangers du cœur sont plus importants que ceux des éléments

2/. Le style romantique de la lettre

Transition

III/. Rousseau marqué par le romantisme naissant

1/. L’ensemble de la lettre est marqué par les sentiments

2/.la ponctuation et la construction du texte illustrent cette recherche qui ne parvient pas à trouver une ligne générale mais qui est faite sans cesse d’allers-retours, d’avancées , de reculées.

Conclusion

Ouverture

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La vie mode d’emploi , Perec, chapitre 70, le baccalauréat de français

La vie mode d’emploi , Perec


Chapitre 70

Le corrigé fait deux pages word police 14, il comprend une introduction, une problématique, un développement en deux parties avec une transition, une conclusion et une ouverture.

Problématique :

Comment va-t-il parvenir à faire perdre son flegme à Barthlebooth lors de la réalisation de ces puzzles?

Extrait de l'étude :

Après avoir vu la réalisation rapide et fortuite du projet nous analyserons le britannique qui n’est pas satisfait de cette solution de hasard, à chaque nouveau puzzle il tente de reconstruire celui-ci de façon méthodique et cartésienne....

LECTURE ANALYTIQUE

Plan du commentaire :

Introduction

Problématique

Développement

I- Une réalisation rapide et fortuite

Transition

II- Reconstruction méthodique et cartésienne

Conclusion

Ouverture

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Simone de Beauvoir : Mémoire d'une jeune fille rangée, séquence l'autobiographie, le bac de français

Simone de Beauvoir : Mémoire d'une jeune fille rangée

Séquence : l'autobiographie

Le corrigé fait trois pages word police 14, il comprend, une introduction, une problématique, un développement en deux parties avec des transitions, une conclusion avec une ouverture.

Problématique :

En quoi pouvons nous parler d'un texte autobiographique?

Lecture du texte :

Mémoire d’une jeune fille rangée
Simone de Beauvoir


Je suis née à Quatre heures du matin, le 9 janvier 1908, dans une chambre aux meubles laqués de blanc, qui donnait sur le boulevard Raspail. Sur les photos de famille prises l’été suivant, on voit de jeunes dames en robes longues, aux chapeaux empanachés de plumes d’autruche, des messieurs coiffés de canotiers et de panamas qui sourient à un bébé : ce sont mes parents, mon grand-père, des oncles des tantes, et c’est moi. Mon père avait trente ans, ma mère vingt et un et j’étais leur premier enfant.

Je tourne une page de l’album; maman tient dans ses bras un bébé qui n’est pas moi; je porte une jupe plissée, un béret, j’ai deux ans et demi, et ma sœur vient de naître. J’en fus, paraît-il, jalouse, mais pendant peut de temps. Aussi loin que je m’en souvienne, j’étais fière d’être l’aînée; la première.

De mes premières années, je ne retrouve guère qu’une impression confuse; quelque chose de rouge, et de noir, et de chaud. L’appartement était rouge, rouge la moquette, la salle à manger Henri II, la soie gaufrée qui masquait les portes vitrées, et dans le cabinet de papa les rideaux de velours; les meubles de cet antre sacré étaient en poirier noirci; je me blottissais dans la niche creusée sous le bureau, et je m’enroulais dans les ténèbres il faisait sombre, il faisait chaude et le rouge de la moquette criait dans mes yeux. Ainsi se passa ma toute petite enfance; Je regardais, je palpais, j’apprenais le monde à l’abri.

Extrait de l'analyse :

. C’est donc une autobiographie qui commence par la sincérité vis-à-vis du lecteur, par la suite, elle porte des jugements sur les valeurs de son milieu bourgeois...

Plan de l'étude :

Lecture du texte

Introduction

Problématique

Développement

I - L’absence de mémoire

Transition

II -nature des souvenirs personnels

Conclusion

Ouverture

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Etudes sur la séquence le biographique, le bac écrit et oral de français

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La lecture d'une autobiographie vous parait elle devoir être complétée autant que possible par la lecture d'une biographie?
La lecture d'une autobiographie vous parait elle devoir être complétée par la lecture d'une biographie autant que possible?

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Chateaubriand, "la mort me sied mal, la mort m'ira peut-être"

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Semprun, chapitre 55, l'écriture ou la vie

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La vie d'Henry Brulard

La vie d'Henry Brulard, Stendhal
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Oeuvre intégrale : Romain Gary, La promesse de l'aube

La promesse de l'aube, chapitre I
La promesse de l'aube, chapitre 6
La promesse de l'aube, chapitre 21
La promesse de l'aube, chapitre 34
La promesse de l'aube, chapitre 42

Textes complémentaires

chap. 13 Si C’est un Homme, Primo Lévi et Préambule des confessions de Rousseau
Texte complémentaire, Primo Lévi, si c'est un homme chapitre 13 et Rousseau, Préambule des Confessions

Articles sur la séquence le biographique

Primo Lévi, si c'est un homme, chapitre 13, article
Article sur Primo Lévi, chapitre 13

Préambule des confessions de Rousseau, article
Article sur Rousseau, le préambule des Confessions

La gorge coupée, Leiris, article
Article sur Leiris, la gorge coupée




L'Encyclopédie, Diderot, article sur l'autorité politique

Article sur l'autorité politique, Diderot


Le corrigé fait deux pages word police 14, il comprend la lecture de l'article, une introduction, un développement en deux parties, une transition, une conclusion.

L'article Autorité Politique va assurer la transition entre L'Esprit des lois (1748) et Le Contrat social de Rousseau.

Cette critique du pouvoir est également faite dans Lettres Persanes de Montesquieu.

Extrait de l'article :

Lecture de l'article
Autorité Politique

Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux autres. La liberté est un présent du Ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle : mais la puissance paternelle a ses bornes ; et dans l’état de nature, elle finirait aussitôt que les enfants seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que la nature. Qu’on examine bien et on la fera toujours remonter a l’une de ces deux sources : ou la force et la violence de celui qui s’en est emparé ; ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat fait ou supposé entre eux et celui à qui ils on déféré l’autorité.

La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation et ne dure qu’autant que la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent : en sorte que , si ces derniers deviennent a leur tour les plus forts, et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité la défait alors : c’est la loi du plus fort.

Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature ; c’est lorsqu’elle continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis : mais elle rentre par là dans la seconde espèce dont je vais parler et celui qui se l’était arrogée devenant alors prince cesse d’être tyran.

La puissance, qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions qui en rendent l’usage légitime, utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la restreignent entre des limites ; car l’homme ne doit ni ne peut se donner entièrement sans réserve a un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout entier. C’est Dieu, jaloux absolu, qui ne perd jamais de ses droits et ne les communique point. Il permet pour le bien commun et pour le maintien de la société que les hommes établissent entre eux un ordre de subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux ; mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et non pas aveuglément et sans réserve afin que la créature s’arroge pas les droit du créateur. Toute autre soumission est le véritable crime de l’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou devant une image n’est qu’une cérémonie extérieur, dont le vrai Dieu qui demande le cœur et l’esprit ne se souvient guère qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il leur conviendra des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont point ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement, qui en rend la pratique innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi le genou en terre ; le cérémonial ne signifie ce qu’on a voulu qu’il signifiât ; mais livrer son cœur, son esprit et sa conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et le dernier motif de ses actions c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef.

L'Encyclopédie - Denis Diderot

Pour consulter l'article dans son intégralité, suivez le lien :

Références intertextuelles :

◦« État de nature » : cf. mythe du bon sauvage, Rousseau.

◦« Contrat » : cf. Du Contrat social, Rousseau.

◦« Loi du plus fort » : cf. « Le Loup et l’Agneau », La Fontaine.

◦« République » : cf. De l’Esprit des lois, Montesquieu.

Plan de l'étude :

Lecture du texte

Introduction

Développement

I - Article sur l’autorité politique

Transition

II/. Le contrat social

A/. L’accord Peuple Prince légitime une autorité

B/. Celle-ci reste contractuelle: tout abus fait perdre le droit de l’autorité.

Conclusion

Ouverture

Les corrigés du baccalauréat, des études philosophiques et littéraires complètes.
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Autres études sur le même thème : Etat, Droit, Sociologie, Etat de nature, Etat civilisé

Discours sur le fondement de l'inégalité entre les hommes
le concept philosophique de droit
Analyse du concept de droit en philosophie

Etude sur la séquence "politique"  : société, échanges, justice, droit, Etat



mardi 9 novembre 2010

Diderot, article sur l'autorité politique, l'Encyclopédie

Diderot :

article AUTORITÉ POLITIQUE (ENCYCLOPÉDIE)


AUTORITÉ POLITIQUE.

 Aucun homme n’a reçu de la nature le droit de commander aux

autres. La liberté est un présent du ciel, et chaque individu de la même espèce a le droit d’en jouir

aussitôt qu’il jouit de la raison. Si la nature a établi quelque autorité, c’est la puissance paternelle :

mais la puissance paternelle a ses bornes, et dans l’état de nature elle finirait aussitôt que les enfants

seraient en état de se conduire. Toute autre autorité vient d’une autre origine que de la nature.

Qu’on examine bien, et on la fera toujours remonter à l’une de ces deux sources : ou la force et la

violence de celui qui s’en est emparé, ou le consentement de ceux qui s’y sont soumis par un contrat

fait ou supposé entre eux et celui à qui ils ont déféré l’autorité.

La puissance qui s’acquiert par la violence n’est qu’une usurpation, et ne dure qu’autant que

la force de celui qui commande l’emporte sur celle de ceux qui obéissent ; en sorte que si ces

derniers deviennent à leur tour les plus forts et qu’ils secouent le joug, ils le font avec autant de

droit et de justice que l’autre qui le leur avait imposé. La même loi qui a fait l’autorité, la défait

alors : c’est la loi du plus fort.

Quelquefois l’autorité qui s’établit par la violence change de nature c’est lorsqu’elle

continue et se maintient du consentement exprès de ceux qu’on a soumis ; mais elle rentre par là

dans la seconde espèce dont je vais parler ; et celui qui se l’était arrogée, devenant alors prince,

cesse d’être tyran.

La puissance qui vient du consentement des peuples suppose nécessairement des conditions

qui en rendent l’usage légitime, utile à la société, avantageux à la république, et qui la fixent et la

restreignent entre des limites : car l’homme ne doit ni ne peut se donner entièrement et sans réserve

à un autre homme, parce qu’il a un maître supérieur au-dessus de tout, à qui seul il appartient tout

entier. C’est Dieu, dont le pouvoir est toujours immédiat sur la créature, maître aussi jaloux

qu’absolu, qui ne perd jamais de ses droits, et ne les communique point. Il permet pour le bien

commun et pour le maintien de la société, que les hommes établissent entre eux un ordre de

subordination, qu’ils obéissent à l’un d’eux : mais il veut que ce soit par raison et avec mesure, et

non pas aveuglément et sans réserve, afin que la créature ne s’arroge pas les droits du Créateur.

Toute autre soumission est le véritable crime d’idolâtrie. Fléchir le genou devant un homme ou

devant une image n’est qu’une cérémonie extérieure, dont le vrai Dieu qui demande le coeur et

l’esprit ne se soucie guère, et qu’il abandonne à l’institution des hommes pour en faire, comme il

leur conviendra, des marques d’un culte civil et politique, ou d’un culte de religion. Ainsi ce ne sont

point ces cérémonies en elles-mêmes, mais l’esprit de leur établissement qui en rend la pratique

innocente ou criminelle. Un Anglais n’a point de scrupule à servir le roi le genou en terre ; le

cérémonial ne signifie que ce qu’on a voulu qu’il signifiât ; mais livrer son coeur, son esprit et sa

conduite sans aucune réserve à la volonté et au caprice d’une pure créature, en faire l’unique et le

der-nier motif de ses actions, c’est assurément un crime de lèse-majesté divine au premier chef :

autrement ce pouvoir de Dieu, dont on parle tant, ne serait qu’un vain bruit dont la politique

humaine userait à sa fantaisie, et dont l’esprit d’irréligion pourrait se jouer à son tour ; de sorte que

toutes les idées de puissance et de subordination venant à se confondre, le prince se jouerait de

Dieu, et le sujet du prince.

La vraie et légitime puissance a donc nécessairement des bornes. Aussi l’Écriture nous ditelle

: « Que votre soumission soit raisonnable », sit rationabile obsequium vestrum. « Toute

puissance qui vient de Dieu est une puissance réglée », omnis potestas a Deo ordinata est. Car c’est

ainsi qu’il faut entendre ces paroles, conformément à la droite raison et au sens littéral, et non

conformément à l’interprétation de la bassesse et de la flatterie, qui prétendent que toute puissance,

quelle qu’elle soit, vient de Dieu. Quoi donc, n’y a-t-il point de puissances injustes ? n’y a-t-il pas

des autorités qui, loin de venir de Dieu, s’établissent contre ses ordres et contre sa volonté ? les

usurpateurs ont-ils Dieu pour eux ? faut-il obéir en tout aux persécuteurs de la vraie religion ? et

pour fermer la bouche à l’imbécillité, la puissance de l’Antéchrist sera-t-elle légitime ? Ce sera

pourtant une grande puissance. Énoch et Élie qui lui résisteront, seront-ils des rebelles et des

séditieux qui auront oublié que toute puissance vient de Dieu, ou des hommes raisonnables, fermes

et pieux, qui sauront que toute puissance cesse de l’être dès qu’elle sort des bornes que la raison lui

a prescrites, et qu’elle s’écarte des règles que le souverain des princes et des sujets a établies ; des

hommes enfin qui penseront; comme saint Paul, que toute puissance n’est de Dieu qu’autant qu’elle

est juste et réglée ?

Le prince tient de ses sujets mêmes l’autorité qu’il a sur eux ; et cette autorité est bornée par

les lois de la nature et de l’État. Les lois de la nature et de l’État sont les conditions sous lesquelles

ils se sont soumis, ou sont censés s’être soumis à son gouvernement. L’une de ces conditions est

que n’ayant de pouvoir et d’autorité sur eux que par leur choix et de leur consentement, il ne peut

jamais employer cette autorité pour casser l’acte ou le contrat par lequel elle lui a été déférée : il

agirait dès lors contre lui-même, puisque son autorité ne peut subsister que par le titre qui l’a

établie. Qui annule l’un détruit l’autre. Le prince ne peut donc pas disposer de son pouvoir et de ses

sujets sans le consentement de la nation, et indépendamment du choix marqué dans le contrat de

soumission. S’il en usait autrement, tout serait nul, et les lois le relèveraient des promesses et des

serments qu’il aurait pu faire, comme un mineur qui aurait agi sans connaissance de cause, puisqu’il

aurait prétendu disposer de ce qu’il n’avait qu’en dépôt et avec clause de substitution, de la même

manière que s’il l’avait eu en toute propriété et sans aucune condition.

D’ailleurs le gouvernement, quoique héréditaire dans une famille, et mis entre les mains

d’un seul, n’est pas un bien particulier, mais un bien public, qui par conséquent ne peut jamais être

enlevé au peuple, à qui seul il appartient essentiellement et en pleine propriété. Aussi est-ce toujours

lui qui en fait le bail : il intervient toujours dans le contrat qui en adjuge l’exercice. Ce n’est pas

l’État qui appartient au prince, c’est le prince qui appartient à l’État ; mais il appartient au prince de

gouverner dans l’État, parce que l’État l’a choisi pour cela, qu’il s’est engagé envers les peuples à

l’administration des affaires, et que ceux-ci de leur côté se sont engagés à lui obéir conformément

aux lois. Celui qui porte la couronne peut bien s’en décharger absolument s’il le veut ; mais il ne

peut la remettre sur la tête d’un autre sans le consentement de la nation qui l’a mise sur la sienne.

En un mot, la couronne, le gouvernement, et l’autorité publique, sont des biens dont le corps de la

nation est propriétaire, et dont les princes sont les usufruitiers, les ministres et les dépositaires.

Quoique chefs de l’État, ils n’en sont pas moins membres, à la vérité les premiers, les plus

vénérables et les plus puissants, pouvant tout pour gouverner, mais ne pouvant rien légitimement

pour changer le gouvernement établi, ni pour mettre un autre chef à leur place. Le sceptre de Louis

XV passe nécessairement à son fils aîné, et il n’y a aucune puissance qui puisse s’y opposer : ni

celle de la nation, parce que c’est la condition du contrat, ni celle de son père par la même raison.

Le dépôt de l’autorité n’est quelquefois que pour un temps limité, comme dans la république

romaine. Il est quelquefois pour la vie d’un seul homme, comme en Pologne ; quelquefois pour tout

le temps que subsistera une famille, comme en Angleterre ; quelquefois pour le temps que

subsistera une famille par les mâles seulement, comme en France.

Ce dépôt est quelquefois confié à un certain ordre dans la société ; quelquefois à plusieurs

choisis de tous les ordres, et quelquefois à un seul.

Les conditions de ce pacte sont différentes dans les différents États. Mais partout la nation

est en droit de maintenir envers et contre tous le contrat qu’elle a fait ; aucune puissance ne peut le

changer ; et quand il n’a plus lieu, elle rentre dans le droit et dans la pleine liberté d’en passer un

nouveau avec qui et comme il lui plait. C’est ce qui arriverait en France, si par le plus grand des

malheurs la famille entière régnante venait à s’éteindre jusque dans ses moindres rejetons ; alors le

sceptre et la couronne retourneraient à la nation.

Il semble qu’il n’y ait que des esclaves dont l’esprit serait aussi borné que le coeur serait bas,

qui pussent penser autrement. Ces sortes de gens ne sont nés ni pour la gloire du prince, ni pour

l’avantage de la société : ils n’ont ni vertu, ni grandeur d’âme. La crainte et l’intérêt sont les ressorts

de leur conduite. La nature ne les produit que pour servir de lustre aux hommes vertueux ; et la

Providence s’en sert pour former les puissances tyranniques, dont elle châtie pour l’ordinaire les

peuples et les souverains qui offensent Dieu ; ceux-ci en usurpant, ceux-là en accordant trop à

l’homme de ce pouvoir suprême que le Créateur s’est réservé sur la créature.

L’observation des lois, la conservation de la liberté et l’amour de la patrie sont les sources

fécondes de toutes grandes choses et de toutes belles actions. Là se trouvent le bonheur des peuples,

et la véritable illustration des princes qui les gouvernent. Là l’obéissance est glorieuse, et le

commandement auguste. Au contraire, la flatterie, l’intérêt particulier et l’esprit de servitude sont

l’origine de tous les maux qui accablent un État, et de toutes les lâchetés qui le déshonorent. Là les

sujets sont misérables, et les princes haïs ; là le monarque ne s’est jamais entendu proclamer le bienaimé

; la soumission y est honteuse, et la domination cruelle. Si je rassemble sous un même point de

vue la France et la Turquie, j’aperçois d’un côté une société d’hommes que la raison unit, que la

vertu fait agir, et qu’un chef également sage et glorieux gouverne selon les lois de la justice ; de

l’autre, un troupeau d’animaux que l’habitude assemble, que la loi de la verge fait marcher, et qu’un

maître absolu mène selon son caprice.

Mais pour donner aux principes répandus dans cet article toute l’autorité qu’ils peuvent

recevoir, appuyons-les du témoignage d’un de nos plus grands rois. Le discours qu’il tint à

l’ouverture de l’assemblée des notables de 1596, plein d’une sincérité que les souverains ne

connaissent guère, était bien digne des sentiments qu’il y porta. « Persuadé, dit M. de Sully, que les

rois ont deux souverains,

Dieu et la loi, que la justice doit présider sur le trône, et que la douceur doit être assise à côté

d’elle, que Dieu étant le vrai propriétaire de tous les royaumes, et les rois n’en étant que les

administrateurs, ils doivent représenter aux peuples celui dont ils tiennent la place, qu’ils ne

régneront comme lui, qu’autant qu’ils régneront en pères, que dans les États monarchiques

héréditaires, il y a une erreur qu’on peut appeler aussi héréditaire, c’est que le souverain est maître

de la vie et des biens de tous ses sujets, que moyennant ces quatre mots, tel est notre plaisir, il est

dispensé de manifester les raisons de sa conduite, ou même d’en avoir ; que, quand cela serait, il n’y

a point d’imprudence pareille à celle de se faire haïr de ceux auxquels on est obligé de confier à

chaque instant sa vie, et que c’est tomber dans ce malheur que d’emporter tout de vive force. Ce

grand homme, persuadé, dis-je, de ces principes que tout l’artifice du courtisan ne bannira jamais du

coeur de ceux qui lui ressembleront, déclara que, pour éviter tout air de violence et de contrainte, il

n’avait pas voulu que l’assemblée se fit par des députés nommés par le souverain, et toujours

aveuglément asservis à toutes ses volontés ; mais que son intention était qu’on y admît librement

toutes sortes de personnes, de quelque état et condition qu’elles pussent être, afin que les gens de

savoir et de mérite eussent le moyen d’y proposer sans crainte ce qu’ils croiraient nécessaire pour le

bien public ; qu’il ne prétendait encore en ce moment leur prescrire aucune borne ; qu’il leur

enjoignait seulement de ne pas abuser de cette permission pour l’abaissement de l’autorité royale,

qui est le principal nerf de l’État ; de rétablir l’union entre ses membres ; de soulager les peuples ;

de décharger le trésor royal de quantité de dettes, auxquelles il se voyait sujet sans les avoir

contractées ; de modérer avec la même justice les pensions excessives, sans faire tort aux

nécessaires, afin’ d’établir pour l’avenir un fonds suffisant et clair pour l’entretien des gens de

guerre. Il ajouta qu’il n’aurait aucune peine à se soumettre à des moyens qu’il n’aurait point

imaginés lui6même, d’abord qu’il sentirait qu’ils avaient été dictés par un esprit d’équité et de

désintéressement ; qu’on ne le verrait point chercher dans son âge, dans son expérience et dans ses

qualités personnelles, un prétexte bien moins frivole que celui dont les princes ont coutume de se

servir pour éluder les règlements ; qu’il montrerait au contraire par son exemple, qu’ils ne regardent

pas moins les rois pour les faire observer, que les sujets, pour s’y soumettre. » « Si je faisais gloire,

continua-t-il, de passer pour un excellent orateur, j’aurais apporté ici plus de belles paroles que de

bonne volonté : mais mon ambition tend à quelque chose de plus haut que de bien parler. J’aspire au

glorieux titre de libérateur et de restaurateur de la France. Je ne vous ai point ici appelés, comme

faisaient mes prédécesseurs, pour vous obliger d’approuver aveuglément mes volontés : je vous ai

fait assembler pour recevoir vos conseils, pour les croire, pour les suivre ; en un mot, pour me

mettre en tutelle entre vos mains. C’est une envie qui ne prend guère aux rois, aux barbes grises et

aux victorieux comme moi ; mais l’amour que je porte à mes sujets, et l’extrême désir que j’ai de

conserver mon État, me font trouver tout facile et tout honorable. »

« Ce discours achevé, Henri se leva et sortit, ne laissant que M. de Sully dans l’assemblée,

pour y communiquer les états, les mémoires et les papiers dont on pouvait avoir besoin. »

On n’ose proposer cette conduite pour modèle, parce qu’il y a des occasions où les princes

peuvent avoir moins de déférence, sans toutefois s’écarter des sentiments qui font que le souverain

dans la société se regarde comme le père de famille, et ses sujets comme ses enfants. Le grand

monarque que nous venons de citer nous fournira encore l’exemple de cette sorte de douceur mêlée

de fermeté, si requise dans les occasions où la raison est si visiblement du côté du souverain qu’il a

droit d’ôter à ses sujets la liberté du choix, et de ne leur laisser que le parti de l’obéissance. L’édit

de Nantes ayant été vérifié, après bien des difficultés du parlement, du clergé et de l’université,

Henri IV dit aux évêques : « Vous m’avez exhorté de mon devoir ; je vous exhorte du vôtre. Faisons

bien à l’envi les uns des autres. Mes prédécesseurs vous ont donné de belles paroles ; mais moi,

avec ma jaquette, je vous donnerai de bons effets : je verrai vos cahiers, et j’y répondrai le plus

favorablement qu’il me sera possible. » Et il répondit au parlement qui était venu lui faire des

remontrances

« Vous me voyez en mon cabinet où je viens vous parler, non pas en habit royal, ni avec

l’épée et la cape, comme mes prédécesseurs, mais vêtu comme un père de famille, en pourpoint,

pour parler familièrement à ses enfants. Ce que j’ai à vous dire est que je vous prie de vérifier l’édit

que j’ai accordé à ceux de la religion. Ce que j’en ai fait est pour le bien de la paix. Je l’ai faite audehors

; je veux la faire au-dedans de mon royaume. » Après leur avoir exposé les raisons qu’il

avait eues de faire l’édit, il ajouta : « Ceux qui empêchent que mon édit ne passe veulent la guerre ;

je la déclarerai demain à ceux de la religion ; mais je ne la ferai pas ; je les y enverrai. J’ai fait

l’édit ; je veux qu’il s’observe. Ma volonté devrait servir de raison ; on ne la demande jamais au

prince dans un État obéissant. Je suis roi. Je vous parle en roi. Je veux être obéi. »

Voilà comment il convient à un monarque de parler à ses sujets, quand il a évidemment la

justice de son côté ; et pourquoi ne pourrait-il pas ce que peut tout homme qui a l’équité de son

côté ? Quant aux sujets, la première loi que la religion, la raison et la nature leur imposent, est de

respecter eux-mêmes les conditions du contrat qu’ils ont fait, de ne jamais perdre de vue la nature

de leur gouvernement ; en France, de ne point oublier que tant que la famille régnante subsistera par

les mâles, rien ne les dispensera jamais de l’obéissance ; d’honorer et de craindre leur maître,

comme celui par lequel ils ont voulu que l’image de Dieu leur fût présente et visible sur la terre ;

d’être encore attachés à ces sentiments par un motif de reconnaissance de la tranquillité et des biens

dont ils jouissent à l’abri du nom royal ; si jamais il leur arrivait d’avoir un roi injuste, ambitieux et

violent, de n’opposer au malheur qu’un seul remède, celui de l’apaiser par leur soumission, et de

fléchir Dieu par leurs prières ; parce que ce remède est le seul qui soit légitime, en conséquence du

contrat de soumission juré au prince régnant anciennement, et à ses descendants par les mâles, quels

qu’ils puissent être ; et de considérer que tous ces motifs qu’on croit avoir de résister, ne sont, à les

bien examiner, qu’autant de prétextes d’infidélités subtilement colorées ; qu’avec cette conduite, on

n’a jamais corrigé les princes ni aboli les impôts ; et qu’on a seulement ajouté aux malheurs dont on

se plaignait déjà, un nouveau degré de misère. Voilà les fondements sur lesquels les peuples et ceux

qui les gouvernent pourraient établir leur bonheur réciproque.

lundi 8 novembre 2010

LE POUVOIR DES FABLES extrait 4 du livre 8, La Fontaine, le baccalauréat de français

LE POUVOIR DES FABLES

Le pouvoir des fables, extrait 4 du livre 8

Le corrigé fait trois pages word police 14, il comprend une introduction, une problématique, un développement en trois paragraphes avec des transitions, une conclusion.

Problématique :

comment fait-il l’éloge de la fable ?

Extrait de l'étude :

La Fontaine veut nous prouver que l’homme a sans cesse besoin d’être distrait, que le divertissement est nécessaire à condition qu’il ne soit pas malfaisant, sans morale....

Plan du commentaire :

Introduction

Problématique

Développement

I - Une rhétorique inefficace.

Transition

II - Efficacité de la fable

Transition

III - Complexité de la morale

Conclusion

Les corrigés du baccalauréat, des analyses philosophiques et littéraires complètes. Pour accéder au document, cliquez sur le lien :


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Commentaires
Les fables de la Fontaine sont un miracle de la nature", commentez cette citation de Gide

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