Le forum pédagogique : aide en ligne

Rechercher dans ce blog

lundi 25 octobre 2010

Cours par correspondance en français et en philosophie, le bac par correspondance

FRANCAIS ET PHILOSOPHIE

Cours par correspondance

Préparation du baccalauréat

Cours particuliers

Remaniement de documents, thèses, mémoires etc

Vous pouvez faire une demande depuis ce forum pour passer votre baccalauréat par correspondance ou recevoir un cours, un corrigé, les exercices type bac ou de méthodologie en français et en philosophie pour le lycée : seconde, première et terminale.

Votre contact :  philobac@live.fr














dimanche 24 octobre 2010

Le mariage de Figaro, Acte V, scène 3, le monologue de Figaro, Beaumarchais, les corrigés du bac

Le mariage de Figaro

Acte V, scène 3

Le monologue de Figaro
Beaumarchais


Le corrigé fait trois pages word police 14, il comprend une introduction, un développement en deux parties avec chacune plusieurs paragraphes, une transition, une conclusion avec une ouverture.

Lecture du texte :

O femme ! Femme! Femme! Créature faible et décevante! … nul animal créé ne peut manquer à son instinct : le tien est-il donc de tromper? … Après m’avoir obstinément refusé quand je l’en pressais devant sa maîtresse : à l’instant elle me donne sa parole, au milieu même de la cérémonie… Il riait en lisant, le perfide ! Et moi comme un benêt.. Non, monsieur le Comte, vous ne l’aurez pas… Vous ne l’aurez pas,. Parce que vous êtes un grand seigneur, vous vous croyez un grand génie! … Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier! Qu’avez-vous fait pour tant de biens? Vous vous êtes donné la peine de naître, et rien de plus. Du reste, homme assez ordinaire; tandis que moi, morbleu! Perdu dans la foule obscure, il m’a fallu déployer plus de science et de calculs pour subsister seulement, qu’on n’en a mis depuis cent ans à gouverner toutes les Espagne et vous voulez jouter… On vient… C’est elle… ce n’est personne. La nuit est noire en diable, et me voilà faisant le sot métier de mari, quoique je ne le sois qu’à moitié ! (il s’assied sur un banc). Est-il rien de plus bizarre que ma destinée? Fils de je ne sais pas qui, volé par des bandits, élevé dans leurs mœurs, je m’en dégoûte et veux courir une carrière honnête; et partout je suis repoussé! J’apprends la chimie, la pharmacie,la chirurgie, et tout le crédit d’un grand seigneur peut à peine me mettre à la main une lancette vétérinaire! - Las d’attrister des bêtes malades et pour faire un métier contraire, je me jette à corps perdu dans le théâtre: me fussé-je mis une pierre au cou! Je broche une comédie dans les mœurs du sérail. Auteur espagnol, je crois pouvoir y fronder Mahomet sans scrupule : à l’instant un envoyé… de je ne sais ou se plaint que j’offense dans mes vers la sublime porte, la Perse, une partie de la presqu’île de l’Inde, toute l’Égypte, les royaumes de Barca, de Tripoli, de Tunis, d’Alger et de Maroc; et voilà ma comédie flambée, pour plaire aux princes mahométans, dont pas un, je crois ne sait lire, et qui nous meurtrissent l’omoplate en nous disant : chiens de chrétiens ! - Ne pouvant avilir l’esprit on se venge en le maltraitant - Mes joues creusaient mon terme était écu : je voyais de loin arriver l’affreux recors, la plume fichée dans sa perruque; en frémissant je m’évertue. Il s’élève une question sur la nature des richesse; et comme il n’est pas nécessaire de tenir les choses pour en raisonner, n’ayant pas un sol, j’écris sur la valeur de l’argent et sur son produit sitôt je vois du fond d’un fiacre baisser pour moi le pont d’un château fort, à l’entrée je laissai l’espérance et la liberté.

Problématique :

En quoi le monologue est il à portée satirique?

Extrait de l'étude :

La critique porte encore sur la censure des œuvres d’esprit religieux. La comédie écrite par Figaro est interdite. Nous avons une allusion transparente à la religion chrétienne en matière de pouvoir. C’est la seule satire contre la religion que contient la pièce...

Plan du commentaire :

Introduction

Problématique

Développement :

I -Le mouvement du monologue

1 - le mouvement

2 -Une introspection

Transition

II - La portée satirique

1 - La monarchie du siècle des lumières

2 - censure des ouvrages religieux

3 - censure du pouvoir politique

Conclusion

Ouverture

Les corrigés du baccalauréat, des analyses philosophiques et littéraires complètes. Pour accéder au document, cliquez sur le lien :

Le monologue de Figaro, Beaumarchais, V, 3



Etudes sur Molière, Dom Juan, Lectures analytiques
 
Les questions, problématiques et ouvertures pour préparer l'oral du baccalauréat : Molière, Dom Juan
Acte I, scène 1, Dom Juan, Molière, les questions, problématiques et ouvertures
Acte I, scène 2, Dom Juan Molière, les questions, les problématiques et les ouvertures
Acte III, scène 2, Dom Juan Molière, les questions, les problématiques et les ouvertures
Acte V, scènes 5 et 6, Dom Juan Molière, les questions, les problématiques et les ouvertures

Dissertations séquence, "le théâtre"
Les fonctions du monologue dans une oeuvre théâtrale
En quoi le dialogue théâtral est il propre à mettre en oeuvre l'esence du tragique?
Le retour des mythes, réécriture des tragédies, les corrigés du bac
La comédie a t'elle pour fonction de stigmatiser les abus?
« Qu’est-ce que le tragique sinon le sentiment d’une résistance obscure et insensée contre laquelle se brise la force de la liberté et de raison qui est en l’homme? » écrit Pierre Henri Simon dans « l’homme en procès ». Après avoir expliqué cette définition du tragique à l’aide de vos connaissances, vous direz en quoi le dialogue du théâtre est particulièrement propre à mettre en œuvre l’essence du tragique.
« Qu’est-ce que le tragique sinon le sentiment d’une résistance obscure et insensée contre laquelle se brise la force de la liberté et de raison qui est en l’homme? » écrit Pierre Henri Simon dans « l’homme en procès ». Après avoir expliqué cette définition du tragique à l’aide de vos connaissances, vous direz en quoi le dialogue du théâtre est particulièrement propre à mettre en œuvre l’essence du tragique.
L'oral du baccalauréat, Lorenzaccio, Musset, une oeuvre intégrale, questions, problématiques, plans et ouvertures des scènes à étudier pour réussir l'entretien de français


Autres études sur Ionesco

jeudi 21 octobre 2010

L'entretien du bac de français, Baudelaire, Les petites vieilles , Les Fleurs du Mal, problématique, questions sur introduction de séquence "la poésie", sur le recueil, sur la poésie, biographie, analyse du poème, ouverture

L’oral du baccalauréat de français :préparer l’entretien

Séquence poésie :

Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
« Les petites vieilles »

Le dossier préparation de l'entretien du baccalauréat de français fait 12 pages word police 14, il comprend :

Un guide méthodologique :

- Un guide méthodologique relatif à la préparation de l'entretien
- Un guide méthodologique relatif à la présentation de l'entretien

La lecture du poème

Le plan de l'étude

Les deux problématiques possibles :

- Problématique 1
- Problématique 2

Biographie de Baudelaire :

Petite biographie pour l'oral du baccalauréat de français

L'analyse du poème :

Baudelaire, « les petites vieilles », tiré des tableaux parisiens des Fleurs du mal, 1857. Les corrigés du bac de français, annabac 2009. Séquence la poésie, séries L-ES-S

Ce corrigé intégralement rédigé fait 3 pages word, il comprend une introduction, un développement en trois parties avec transitions et deux à trois arguments par partie, ainsi qu'une conclusion avec ouverture.


Plan proposé et extrait de l'étude :


Introduction

Baudelaire est un poète et critique de peinture. Il est l’auteur « des petits poèmes en prose », « des paradis artificiels » et « des fleurs du mal ». Ce dernier recueil est caractéristique de l’état d’esprit du poète déchiré entre le spleen et l’idéal, ainsi que le suggère l’oxymore, titre du livre. Nous définirons le spleen comme mal de vivre et l’idéal comme ce vers quoi Baudelaire cherche à tendre. Le poète peut se définir comme un être à part en proie aux doutes et aux contradictions les plus manifestes et les plus variées. Auteur marginal et original, il incarne l’essence de la poésie par excellence comme expression de toutes les angoisses métaphysiques et existentielles de l’homme. Dans cette poésie, il évoque les silhouettes de vieilles femmes que les gens de la ville croisent sans plus faire attention, sans même les voir. Nous étudierons la dernière partie de ce poème. Il s’agit d’une poésie en alexandrins, nous avons ici six quatrains réguliers. Il s’adresse directement aux vieilles femmes dont il fait en quelque sorte l’éloge. Il nous décrit les déambulations parisiennes de ces vieilles femmes devenues invisibles, car les hommes ne savent plus voir. Il ne s’agit pas en fait d’une description, mais au-delà de l’éloge du troisième âge, de la condition du poète toujours là pour pallier aux oublis, aux erreurs, à l’indifférence des autres hommes du sens commun; le poète est là, il sait voir et peut raconter et s’exprimer par la poésie, véritable ressource pour la mémoire collective. Nous pouvons avoir l’impression que Baudelaire dans le cas particulier de cette poésie ne fait que son devoir de mémoire en tant que poète écrivain, mais en fait nous verrons qu’il tente de s’affirmer lui-même, et de conjurer le temps qui passe à travers ces « èves octogénaires ». Nous étudierons notre poème en nous concentrant dans une première partie sur le portrait fait par le poète de Paris, nous intitulerons notre première partie, les tableaux parisiens, en second lieu, nous analyserons la condition et le rôle du poète, puis en dernier lieu, nous verrons en quoi il s’agit d’une poésie allégorique et métaphysique...

I Les tableaux parisiens
description de la scène
les contrastes de ce tableau


Transition

II La condition et le rôle du poète
l'émotion de Baudelaire
la condition du poète

Transition

III La connotation métaphysique et allégorique de la poésie
la fonction allégorique
la fonction métaphysique

Conclusion avec ouverture

Questions pour préparer l’entretien :

Les réponses aux questions sur texte sont dans l’analyse du poème et dans les fiches bac pour les questions relatives à l’introduction

I - Structure des Fleurs du Mal :

II - Questions sur les Fleurs du Mal :
(11 questions)

III - Questions sur l’introduction : la poésie

Les règles de la versification :
Le vers :
La rime
(12 questions)

IV - Questions sur l’ensemble du poème :
(8questions)

Questions sur le poème en fonction des axes :
I - Les tableaux parisiens

Description de la scène
(3 questions)

Les contrastes de ce tableau
(6 questions)

II - La condition et le rôle du poète

L’émotion de Baudelaire
(4 questions)

La condition du poète
(4 questions)

III La connotation métaphysique et allégorique de la poésie
La fonction allégorique
(3 questions)

La fonction métaphysique
(6 questions)

 
Les corrigés du bac de français, des études complètes. Pour vous procurer le document, cliquez sur le lien :

Préparer l'oral sur "les petites vieilles" de Baudelaire

Tous les liens pour réviser le bac écrit et oral de français : séquence poésie

Les fiches bac

Préparer l'entretien pour réussir l'oral : Dossiers complets, problématiques, questions, étude du texte à présenter, questions sur l'introduction "la poésie", questions sur le poème à exposer à l'entretien, ouverture

Entretien sur Apollinaire, dossier complet pour l'oral du bac de français
Entretien sur Baudelaire, dossier complet pour l'oral du bac de français

Eléments pour une dissertation

L'oral du baccalauréat : fonction du poète et de la poésie : le sonnet : Ronsard et Nerval : préparer l'entretien de l'examen avec les questions, les problématiques et les ouvertures


Préparer l'oral du baccalauréat en anticipant les difficultés de l'oral, séquence poésie, les genres du sonnet, (tradition et innovation) : questions, problématiques et ouvertures

Les corrigés du bac et lectures analytiques du forum pour répondre aux questions et aux problématiques et réussir l'oral de français

Sujets intégralement corrigés sur le thème de poésie, les corrigés du bac

Autres études sur La Fontaine :
Le loup et le chien
Le pâtre et le lion
Les animaux malades de la peste

Autres commentaires sur Baudelaire
Les petites veilles
L'albatros
recueillement
Les fenêtres, première explication
Les fenêtres, deuxième explication
A une passante
Une charogne

Autres études sur Rimbaud :
Les ponts, Illuminations
Le dormeur du val, Rimbaud

Autres études sur la poésie baroque :

Autres études sur Ronsard :
Douce beauté meurtrière de ma vie
Sonnet pour Hélène
Sonnet pour Hélène, deuxième étude
Sur la mort de Marie, "comme on voit sur la branche"

mercredi 20 octobre 2010

Recueillement de Baudelaire : oral de français 2012. Commentaire et oral préparé

baudelaire





Entretien de 59 questions avec réponses en commentaire sur Recueillement de Baudelaire à télécharger


*** Document à télécharger





Séquence poésie :



Les Fleurs du mal, Charles Baudelaire
« Recueillement »



Lecture du poème :


Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille.
Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici :
Une atmosphère obscure enveloppe la ville,
Aux uns portant la paix, aux autres le souci.

Pendant que des mortels la multitude vile,
Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci,
Va cueillir des remords dans la fête servile,
Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici,

Loin d'eux. Vois se pencher les défuntes Années,
Sur les balcons du ciel, en robes surannées ;
Surgir du fond des eaux le Regret souriant ;

Le Soleil moribond s'endormir sous une arche,
Et, comme un long linceul traînant à l'Orient,
Entends, ma chère, entends la douce Nuit qui marche.



Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal CLIX



Le dossier préparation de l'entretien du baccalauréat de français comprend :



Un guide méthodologique :

- Un guide méthodologique relatif à la préparation de l'entretien
- Un guide méthodologique relatif à la présentation de l'entretien


La problématique possible :

- 1 Problématique

Biographie de Baudelaire :

Petite biographie pour l'oral du baccalauréat de français



L'analyse du poème :

Plan et extrait de l'étude :


Extrait de l'étude :

Ce sonnet écrit en alexandrins décrit son malaise existentiel à travers son obsession du temps qui passe, son impuissance face à la fuite du temps, le tragique de la vie, la vieillesse et la mort comme fatalité, ce contre quoi l'homme ne peut rien. Le registre dominant est lyrique mais, ainsi que le suggère le titre "Recueillement", nous avons un certain nombre de connotations religieuses et mystiques. Le titre contraste avec l'état d'esprit de Baudelaire qui, à cette période de sa vie souffre de solitude extrême, il ne vit plus avec Jeanne Duval, Mme Sabatier ou Marie Daubrun. Le poète est désespéré, seul, en détresse et malade. Il tente à travers ces vers de restituer l'intensité de sa souffrance et de son désespoir.



Introduction

I - Une souffrance personnifiée

1 - Une exacerbation de la douleur
2 - Une accalmie de la souffrance
3 - La notion de plaisir

Transition

II - Le concept de mort omniprésent

1 - Le passé : les souvenirs du poète
2 - La mort : une délivrance

Conclusion avec ouverture



Questions de l'entretien :


Les réponses aux questions sur texte sont dans l’analyse du poème et dans les fiches bac pour les questions relatives à l’introduction

I - Structure des Fleurs du Mal :

II - Questions sur les Fleurs du mal : (11 questions)

III -- Questions sur l'introduction : la poésie (12 questions)
Les règles de la versification:
Le vers
La rime

IV -Questions sur l’ensemble du poème :(6 questions)

V -- Questions sur le poème : les deux axes

I - Une souffrance personnifiée
1 - Une exacerbation de la douleur
(4 questions)

2 - Une accalmie de la souffrance
(4 questions)

3 - La notion de plaisir
(10 questions)

II - Le concept de mort omniprésent
1 – Le passé
(6 questions )

2 - La mort
(6 questions )

A consulter :
  • L'invitation au voyage, les Fleurs du mal : Commentaire, niveau bac, séries L, ES, S , note obtenue, 13/20
  • Le corrigé fait deux pages word police 12, il comprend une introduction, un développement en deux parties avec une transition, une conclusion et une ouverture.
  • Accèder au corrigé bac
  • Les fenêtres, Les Fleurs du mal, Baudelaire : commentaire, niveau bac, séries générales
  • Le corrigé fait trois pages word police 12, il comprend une introduction, un développement en deux parties avec une transition, une conclusion et une ouverture.
  • Accèder au corrigé bac

mardi 19 octobre 2010

L’oral du baccalauréat de français : l’entretien, Apollinaire, Poèmes à Lou, XXXII, séquence poésie, guide méthodologique, problématiques, biographie, analyse du poème, ouverture, questions sur l'introduction et le texte

L’oral du baccalauréat de français : l’entretien

Séquence poésie : Apollinaire, Poèmes à Lou, XXXII,




Entretien de 54 questions avec réponses en commentaire  à télécharger



 Poèmes à Lou

Apollinaire, XXXII, extrait, 1915
« Ma Lou… »

Le dossier "préparation de l'entretien de français" fait 7 pages word police 14, il comprend :

Un guide méthodologique :
- Un guide méthodologique relatif à la préparation de l'entretien
- Un guide méthodologique relatif à la présentation de l'entretien

Les problématiques possibles
- Problématique 1
- Problématique 2

Biographie d'Apollinaire
Petite biographie pour l'oral du baccalauréat de français

L'analyse du poème :

Plan et extrait de l'étude :

Introduction

 Annonce du plan :
Ce recueil des Poèmes à Lou constitue l'ensemble de ses lettres. L'épistolaire nous renvoie à une poésie nouvelle car elle se situe à la fois au niveau de l'écriture en prose et en vers. Les vers sont libres et réguliers et présentent un intérêt sur un plan purement formel, nous pourrions parler d'une poésie moderne en ce sens.


I La présence de la guerre dans la poésie d'Apollinaire
transition
II Le discours amoureux
transition
III L'aspect hybride de la poésie

Conclusion avec ouverture

Questions de l'entretien :

Les réponses aux questions sur texte sont dans l'analyse du poème et dans ls fiches bac ci jointes pour les questions relatives à l'introduction.

- Questions d'ensemble (7questions)

- Questions sur l'introduction : la poésie (12 questions)
Les règles de la versification:
Le vers
La rime

- Questions sur le poème : les trois axes

I - La présence de la guerre dans la poésie d'Apollinaire
12 questions

II- Le discours amoureux
16 questions

III- L'aspect hybride de la poésie
7 questions

Les corrigés du bac de français, des études complètes. Pour vous procurer le document, cliquez sur le lien :






Accéder au document mis en téléchargement :


samedi 16 octobre 2010

Saint Evremond, sur les poèmes dans anciens, la querelle des anciens

LA QUERELLE DES ANCIENS

Saint-Evremond

Sur les poèmes des anciens

le corrigé fait deux pages word police 14, il comprend une problématique, une introduction, un développement en deux parties avec une transition, une conclusion et une ouverture.

Problématique :

Pourquoi cette imitation de l’Antiquité provoque un violent débat qui se poursuit au début du 18ème siècle ?

Lecture du poème dans son intégralité :

SUR LES POËMES DES ANCIENS.
(1685.)

Il n’y a personne qui ait plus d’admiration que j’en ai, pour les ouvrages des anciens. J’admire le dessein, l’économie, l’élévation de l’esprit, l’étendue de la connoissance : mais le changement de la religion, du gouvernement, des mœurs, des manières, en a fait un si grand dans le monde, qu’il nous faut comme un nouvel art, pour entrer dans le goût et dans le génie du siècle où nous sommes.
Et certes mon opinion doit être trouvée raisonnable par tous ceux qui prendront la peine de l’examiner. Car si l’on donne des caractères tout opposés, lorsqu’on parle du Dieu des Israélites et du Dieu des chrétiens, quoique ce soit la même divinité : si on parle tout autrement du dieu des batailles, de ce dieu terrible qui commandoit d’exterminer jusqu’au dernier des ennemis, que de ce Dieu patient, doux, charitable, qui ordonne qu’on les aime ; si la création du monde est décrite avec un génie, la rédemption des hommes avec un autre ; si l’on a besoin d’un genre d’éloquence, pour prêcher la grandeur du père qui a tout fait, et d’un autre, pour exprimer l’amour du fils qui a voulu tout souffrir ; comment ne faudroit-il pas un nouvel art et un nouvel esprit, pour passer des faux dieux au véritable, pour passer de Jupiter, de Cybèle, de Mercure, de Mars, d’Apollon, à Jésus-Christ, à la Vierge, à nos anges et à nos saints ?
Ôtez les dieux à l’antiquité, vous lui ôtez tous ses poëmes : la constitution de la fable est en désordre ; l’économie en est renversée. Sans la prière de Thétis à Jupiter, et le songe que Jupiter envoie à Agamemnon, il n’y a point d’Iliade ; sans Minerve, point d’Odysée ; sans la protection de Jupiter et l’assistance de Vénus, point d’Énéide. Les dieux assemblés au ciel délibéroient de ce qui devoit se faire sur la terre ; c’étoient eux qui formoient les résolutions, et qui n’étoient pas moins nécessaires pour les exécuter, que pour les prendre. Ces chefs immortels des partis des hommes concertoient tout, animoient tout ; inspiroient la force et le courage, combattoient eux-mêmes ; et à la réserve d’Ajax qui ne leur demandoit que de la lumière, il n’y avoit pas un combattant considérable, qui n’eût son dieu sur son chariot, aussi bien que son écuyer : le dieu pour conduire son javelot ; l’écuyer pour la conduite de ses chevaux. Les hommes étoient de pures machines, que de secrets ressorts faisoient mouvoir, et ces ressorts n’étoient autre chose, que l’inspiration de leurs déesses et de leurs dieux.
La divinité que nous servons est plus favorable à la liberté des hommes. Nous sommes entre ses mains, comme le reste de l’univers, par la dépendance ; nous sommes entre les nôtres, pour délibérer et pour agir. J’avoue que nous devons toujours implorer sa protection. Lucrèce la demande lui-même ; et, dans le livre où il combat la Providence, de toute la force de son esprit, il prie, il conjure ce qui nous gouverne d’avoir la bonté de détourner les malheurs :
Cependant il ne faut pas faire entrer en toutes choses cette majesté redoutable, dont il n’est pas permis de prendre le nom en vain. Que les fausses divinités soient mêlées en toutes sortes de fictions ; ce sont fables elles-mêmes, vains effets de l’imagination des poëtes. Pour les chrétiens, ils ne donneront que des vérités à celui qui est la vérité pure, et ils accommoderont tous leurs discours à sa sagesse et à sa bonté.

Ce grand changement est suivi de celui des mœurs, qui pour être aujourd’hui civilisées et adoucies, ne peuvent souffrir ce qu’elles avoient de farouche et de sauvage, en ce temps-là. C’est ce changement qui nous fait trouver si étranges les injures féroces et brutales que se disent Achille et Agamemnon2. C’est par là qu’Agamemnon nous est odieux, lorsqu’il ôte la vie à ce Troyen, à qui Ménélas l’avoit donnée. Ménélas pour qui se faisoit la guerre, lui pardonne généreusement ; Agamemnon, le roi des rois3, qui devoit des exemples de vertu à tous les princes et à tous les peuples ; le lâche Agamemnon tue ce misérable, de sa propre main. C’est par là qu’Achille nous devient en horreur, lorsqu’il tue le jeune Lycaon, qui lui demandoit la vie, si tendrement. C’est par là que nous

--------------------------------------------------------------------------------

2. Dans l’Iliade, Achille appelle Agamemnon sac à vin, yeux de chien et cœur de cerf ; c’est-à-dire : ivrogne, impudent et poltron.
3. C’est ainsi qu’Homère le nomme.

haïssons jusqu’à ses vertus, quand il attache le corps d’Hector à son chariot, et qu’il le traîne inhumainement au camp des Grecs. Je l’aimois vaillant, je l’aimois ami de Patrocle ; la cruauté de son action me fait haïr sa valeur et son amitié. C’est tout le contraire, pour Hector. Ses bonnes qualités reviennent dans notre esprit : nous le regrettons davantage ; son idée, devenue plus chère, s’attire tous les sentiments de notre affection.
Et qu’on ne dise point, en faveur d’Achille, qu’Hector a tué son cher Patrocle. Le ressentiment de cette mort ne l’excuse point auprès de nous. Une douleur, qui lui permet de suspendre sa vengeance, et d’attendre ses armes avant que d’aller combattre ; une douleur si patiente ne le devoit pas pousser à cette barbarie, le combat fini. Mais dégageons l’amitié de notre aversion. La plus douce, la plus tendre des vertus, ne produit point des effets si contraires à sa nature. Achille les a trouvés dans le fonds de son naturel. Ce n’est point à l’ami de Patrocle, c’est à l’inhumain, à l’inexorable Achille qu’ils appartiennent.

Tout le monde en demeurera d’accord aisément. Cependant les vices du héros ne retomberont pas sur le poëte. Homère a plus songé à peindre la nature telle qu’il la voyoit, qu’à faire des héros fort accomplis. Il les a dépeints avec plus de passions que de vertus : les passions étant du fonds de la nature, et les vertus n’étant purement établies en nous, que par les lumières d’une raison instruite et enseignée.
La politique n’avoit pas encore lié les hommes par les nœuds d’une société raisonnable ; elle ne les avoit pas bien tournés encore pour les autres ; la morale ne les avoit pas encore bien formés pour eux-mêmes. Les bonnes qualités n’étoient pas assez nettement dégagées des mauvaises. Ulysse étoit prudent et timide, précautionné contre les périls, industrieux pour en sortir ; vaillant quelquefois, lorsqu’il y avoit moins de danger à l’être, qu’à ne l’être pas. Achille éloit vaillant et féroce ; et (ce qu’Horace n’a pas voulu mettre dans le caractère qu’il en a donné) se relâchant quelquefois à des puérilités fort grandes. Sa nature incertaine et mal réglée produisoit des mœurs, tantôt farouches, tantôt puériles : tantôt il traînoit le corps d’Hector, en barbare ; tantôt il prioit la déesse sa mère, en enfant, de chasser les mouches de celui de Patrocle, son cher ami.
Les manières ne sont pas moins différentes que les mœurs. Deux héros, animés pour le combat, ne s’amuseroient point aujourd’hui à se conter leur généalogie ; mais il est aisé de voir, dans l’Iliade, dans l’Odyssee et dans l’Énéide même, que cela se pratiquoit. On discouroit, avant que de se battre, comme on harangue, en Angleterre, avant que de mourir.

Pour les comparaisons, la discrétion nous en fera moins faire : le bon sens les rendra justes ; l’invention, nouvelles. Le soleil, la lune, les étoiles, les éléments, ne leur prêteront plus une magnificence usée ; les loups, les bergers, les troupeaux, ne nous fourniront plus une simplicité trop connue.

Il me paroît qu’il y a une infinité de comparaisons qui se ressemblent plus que les choses comparées. Un milan qui fond sur une colombe, un épervier qui charge de petits oiseaux, un faucon qui fait sa descente : tous ces oiseaux ont plus de rapport entre eux dans la rapidité de leur vol, qu’ils n’en ont avec l’impétuosité des hommes qu’on leur compare. Ôtez la différence des noms de milan, d’épervier, de faucon, vous ne verrez que la même chose. La violence d’un tourbillon, qui déracine les arbres, ressemble plus à celle d’une tempête, qui fait quelque autre désordre, qu’aux objets avec qui on fait la comparaison. Un lion que la faim chasse de sa caverne, un lion poursuivi par les chasseurs, une lionne furieuse et jalouse de ses petits, un lion contre qui tout un village s’assemble, et qui ne laisse pas de se retirer fièrement avec orgueil : c’est un lion diversement représenté, mais toujours lion, qui ne donne pas des idées assez différentes.

Quelquefois les comparaisons nous tirent des objets qui nous occupent le plus, par la vaine image d’un autre objet, qui fait mal à propos une diversion. Je m’attache à considérer deux armées, qui vont se choquer, et je prends l’esprit d’un homme de guerre, pour observer la contenance, l’ordre, la disposition des troupes : tout d’un coup, on me transporte au bord d’une mer que les vents agitent, et je suis plus prêt de voir des vaisseaux brisés, que des bataillons rompus. Ces vastes pensées que la mer me donne, effacent les autres. On me représente une montagne tout en feu et une forêt toute embrasée. Où ne va point l’idée d’un embrasement ? Si je n’étois bien maître de mon esprit, on me conduiroit insensiblement à l’imagination de la fin du monde. De cet embrasement si affreux, on me fait passer à un éclat terrible de nues enfermées dans un vallon ; et, à force de diversions, on me détourne tellement de la première image qui m’attachoit, que je perds entièrement celle du combat.
Nous croyons embellir les objets, en les comparant à des êtres éternels, immenses, infinis ; et nous les étouffons, au lieu de les relever. Dire qu’une femme est aussi belle que Mme Mazarin, c’est la louer mieux que si on la comparoit au soleil ; car le sublime et le merveilleux font honneur ; l’impossible et le fabuleux détruisent la louange qu’on veut donner.

La vérité n’étoit pas du goût des premiers siècles : un mensonge utile, une fausseté heureuse, faisoit l’intérêt des imposteurs, et le plaisir des crédules. C’étoit le secret des grands et des sages, pour gouverner les peuples et les simples. Le vulgaire, qui respectoit des erreurs mystérieuses, eût méprisé des vérités toutes nues : la sagesse étoit de l’abuser. Le discours s’accommodoit à un usage si avantageux : ce n’étoient que fictions, allégories, paraboles ; rien ne paroissoit comme il est en soi : des dehors spécieux et figurés couvroient le fond de toutes choses ; de vaines images cachoient les réalités, et des comparaisons trop fréquentes détournoient les hommes de l’application aux vrais objets, par l’amusement des ressemblances.

Le génie de notre siècle est tout opposé à cet esprit de fables, et de faux mystères. Nous aimons les vérités déclarées, le bon sens prévaut aux illusions de la fantaisie ; rien ne nous contente aujourd’hui, que la solidité et la raison. Ajoutez à ce changement de goût, celui de la connoissance. Nous envisageons la nature, autrement que les anciens ne l’ont regardée. Les cieux, cette demeure éternelle de tant de divinités, ne sont qu’un espace immense et fluide. Le même soleil nous luit encore ; mais nous lui donnons un autre cours : au lieu de s’aller coucher dans la mer, il va éclairer un autre monde. La terre immobile autrefois, dans l’opinion des hommes, tourne aujourd’hui, dans la nôtre, et rien n’est égal à la rapidité de son mouvement. Tout est changé : les dieux, la nature, la politique, les mœurs, le goût, les manières. Tant de changements n’en produiront-ils point, dans nos ouvrages ?

Si Homère vivoit présentement, il feroit des poèmes admirables, accommodés au siècle où il écriroit. Nos poëtes en font de mauvais, ajustés à ceux des anciens, et conduits par des règles, qui sont tombées, avec des choses que le temps a fait tomber.

Je sais qu’il y a de certaines règles éternelles, pour être fondées sur un bon sens, sur une raison ferme et solide, qui subsistera toujours ; mais il en est peu qui portent le caractère de cette raison incorruptible. Celles qui regardoient les mœurs, les affaires, les coutumes des vieux Grecs, ne nous touchent guère aujourd’hui. On en peut dire ce qu’a dit Horace des mots. Elles ont leur âge et leur durée. Les unes meurent de vieillesse : ita verborum interit ætas ; les autrès périssent avec leur nation, aussi bien que les maximes du gouvernement, lesquelles ne subsistent pas, après l’empire. Il n’y en a donc que bien peu, qui aient droit de diriger nos esprits, dans tous les temps ; et il seroit ridicule de vouloir toujours régler des ouvrages nouveaux, par des lois éteintes. La poésie auroit tort d’exiger de nous ce que la religion et la justice n’en obtiennent pas.

C’est à une imitation servile et trop affectée, qu’est due la disgrâce de tous nos poëmes. Nos poëtes n’ont pas eu la force de quitter les dieux, ni l’adresse de bien employer ce que notre religion leur pouvoit fournir. Attachés au goût de l’antiquité, et nécessités à nos sentiments ; ils donnent l’air de Mercure, à nos anges, et celui des merveilles fabuleuses des anciens, à nos miracles. Ce mélange de l’antique et du moderne leur a fort mal réussi : et on peut dire qu’ils n’ont su tirer aucun avantage de leurs fictions, ni faire un bon usage de nos vérités.
Concluons que les poëmes d’Homère seront toujours des chefs-d’œuvre : non pas en tout des modèles. Ils formeront notre jugement ; et le jugement réglera la disposition des choses présentes.

--------------------------------------------------------------------------------

NOTES DE L’ÉDITEUR

1. Lucret. Lib. I. Voyez le Dictionnaire de Bayle, à l’article du poëte Lucrèce.

2. Dans l’Iliade, Achille appelle Agamemnon sac à vin, yeux de chien et cœur de cerf ; c’est-à-dire : ivrogne, impudent et poltron.

3. C’est ainsi qu’Homère le nomme.

Extrait de l'étude :

Dans cette œuvre de Saint-Évremond nous avons pu voir l’opposition des anciens et des modernes mais également la thèse et la théorie de l’auteur. Les antiques apprécieraient ils la thèse et la théorie de ce moderne? ..

Plan du commentaire :

Introduction

I- L’opposition des anciens et des modernes

Transition

II- La thèse et la théorie de Saint-Évremond

Conclusion

Ouverture

Les corrigés du bac de français, des études complètes. Pour vous procurer le document, cliquez sur le lien :

Saint Evremond, sur les poèmes des anciens



La querelle des anciens, études
L'évolution de l'expression, "les poètes malintentionnés dans la littérature",éléments pour une dissertation
La première préface de Britannicus, Racine, la querelle dans anciens
Sur les poèmes des anciens, Saint Evremond
Boileau, l'art poétique

Première Préface de Britannicus, Jean Racine, LA QUERELLE DES ANCIENS

LA QUERELLE DES ANCIENS

Première Préface de Britannicus
Jean Racine

Le corrigé fait deux pages word police 14, il comprend une problématique, une introduction, un développement en deux parties avec une transition, une conclusion et une ouverture.

Problématique :

Comment conduit-il sa défense? Quels sont ces appuis?

Lecture intégrale de la préface :

PREMIERE PREFACE (1670)

De tous les ouvrages que j'ai donnés au public, il n'y en a point qui m'ait attiré plus d'applaudissements ni plus de censeurs que celui-ci. Quelque soin que j'aie pris pour travailler cette tragédie, il semble qu'autant que je me suis efforcé de la rendre bonne, autant de certaines gens se sont efforcés de la décrier. Il n'y a point de cabale qu'ils n'aient faite, point de critique dont ils ne se soient avisés. Il y en a qui ont pris même le parti de Néron contre moi. Ils ont dit que je le faisais trop cruel. Pour moi, je croyais que le nom seul de Néron faisait entendre quelque chose de plus que cruel. Mais peut-être qu'ils raffinent sur son histoire et veulent dire qu'il était honnête homme dans ses premières années. Il ne faut qu'avoir lu Tacite pour savoir que, s'il a été quelque temps un bon empereur, il a toujours été un très méchant homme. Il ne s'agit pas dans ma tragédie des affaires du dehors. Néron est ici dans son particulier et dans sa famille. Et ils me dispenseront de leur rapporter tous les passages qui pourraient bien aisément leur prouver que je n'ai point de réparation â lui faire.
D'autres ont dit, au contraire, que je l'avais fait trop bon. J'avoue que je ne m'étais pas formé l'idée d'un bon homme en la personne de Néron. Je l'ai toujours regardé comme un monstre. Mais c'est ici un monstre naissant. Il n'a pas encore mis le feu à Rome. Il n'a pas tué sa mère, sa femme, ses gouverneurs. A cela près, il me semble qu'il lui échappe assez de cruautés pour empêcher que personne ne le méconnaisse.
Quelques-uns ont pris l'intérêt de Narcisse, et se sont plaints que j'en eusse fait un très méchant homme et le confident de Néron. Il suffit d'un passage pour leur répondre. «Néron, dit Tacite, porta impatiemment la mort de Narcisse, parce que cet affranchi avait une conformité merveilleuse avec les vices du prince encore cachés : cujus abditis adhuc vitiis mire congruebat».
Les autres se sont scandalisés que j'eusse choisi un homme aussi jeune que Britannicus pour le héros d'une tragédie. Je leur ai déclaré, dans la préface d'Andromaque, le sentiment d'Aristote sur le héros de la tragédie, et que, bien loin d'être parfait, il faut toujours qu'il ait quelque imperfection. Mais je leur dirai encore ici qu'un jeune prince de dix-sept ans, qui a beaucoup de coeur, beaucoup d'amour, beaucoup de franchise et beaucoup de crédulité, qualités ordinaires d'un jeune homme, m'a semblé très capable d'exciter la compassion. Je n'en veux pas davantage.
«Mais, disent-ils, ce prince n'entrait que dans sa quinzième année lorsqu'il mourut ; on les fait vivre, lui et Narcisse, deux ans plus qu'ils n'ont vécu». Je n'aurais point parlé de cette objection, si elle n'avait été faite avec chaleur par un homme qui s'est donné la liberté de faire régner vingt ans un empereur qui n'en a régné que huit ; quoique ce changement soit bien plus considérable dans la chronologie, où l'on suppute les temps par les années des empereurs.
Junie ne manque pas non plus de censeurs. Ils disent que d'une vieille coquette, nommée Junia Silana, j'en ai fait une jeune fille très sage. Qu'auraient-ils à me répondre si je leur disais que cette Junie est un personnage inventé, comme l'Emilie de Cinna, comme la Sabine d'Horace ? Mais j'ai à leur dire que, s'ils avaient bien lu l'histoire, ils y auraient trouvé une Junia Calvina, de la famille d'Auguste, soeur de Silanus à qui Claudius avait promis Octavie. Cette Junie était jeune, belle, et, comme dit Sénèque, festivissima omnium puellarum. Elle aimait tendrement son frère ; et leurs ennemis, dit Tacite, «les accusèrent tous deux d'inceste, quoiqu'ils ne fussent coupables que d'un peu d'indiscrétion». Si je la représente plus retenue qu'elle n'était, je n'ai pas ouï dire qu'il nous fût défendu de rectifier les moeurs d'un personnage, surtout lorsqu'il n'est pas connu.
L'on trouve étrange qu'elle paraisse sur le théâtre après la mort de Britannicus. Certainement la délicatesse est grande de ne pas vouloir qu'elle dise en quatre vers assez touchants qu'elle passe chez Octavie. «Mais, disent-ils, cela ne valait pas la peine de la faire revenir, un autre l'aurait pu raconter pour elle». Ils ne savent pas qu'une des règles du théâtre est de ne mettre en récit que les choses qui ne se peuvent passer en action ; et que tous les anciens font venir souvent sur la scène des acteurs qui n'ont autre chose à dire, sinon qu'ils viennent d'un endroit, et qu'ils s'en retournent en un autre.
«Tout cela est inutile, disent mes censeurs : la pièce est finie au récit de la mort de Britannicus, et l'on ne devrait point écouter le reste». On l'écoute pourtant, et même avec autant d'attention qu'aucune fin de tragédie. Pour moi, j'ai toujours compris que la tragédie étant l'imitation d'une action complète, où plusieurs personnes concourent, cette action n'est point finie que l'on ne sache en quelle situation elle laisse ces mêmes personnes. C'est ainsi que Sophocle en use presque partout. C'est ainsi que, dans 1'Antigone, il emploie autant de vers à représenter la fureur d'Hémon et la punition de Créon après la mort de cette princesse que j'en ai employé aux imprécations d'Agrippine, â la retraite de Junie, à la punition de Narcisse, et au désespoir de Néron, après la mort de Britannicus.
Que faudrait-il faire pour contenter des juges si difficiles ? La chose serait aisée, pour peu qu'on voulût trahir le bon sens. Il ne faudrait que s'écarter du naturel pour se jeter dans l'extraordinaire. Au lieu d'une action simple, chargée de peu de matière, telle que doit être une action qui se passe en un seul jour, et qui, s'avançant par degrés vers sa fin, n'est soutenue que par les intérêts, les sentiments et les passions des personnages, il faudrait remplir cette même action de quantité d'incidents qui ne se pourraient passer qu'en un mois, d'un grand nombre de jeux de théâtre, d'autant plus surprenants qu'ils seraient moins vraisemblables, d'une infinité de déclamations où l'on ferait dire aux acteurs tout le contraire de ce qu'ils devraient dire. Il faudrait, par exemple, représenter quelque héros ivre qui se voudrait faire haïr de sa maîtresse de gaieté de coeur, un Lacédémonien grand parleur, un conquérant qui ne débiterait que des maximes d'amour, une femme qui donnerait des leçons de fierté à des conquérants. Voilà sans doute de quoi faire récrier tous ces messieurs. Mais que dirait cependant le petit nombre de gens sages auxquels je m'efforce de plaire ? De quel front oserais-je me montrer, pour ainsi dire, aux yeux de ces grands hommes de l'antiquité que j'ai choisis pour modèles ? Car, pour me servir de la pensée d'un ancien, voilà les véritables spectateurs que nous devons nous proposer ; et nous devons sans cesse nous demander : «Que diraient Homère et Virgile s'ils lisaient ces vers ? que dirait Sophocle, s'il voyait représenter cette scène ?» Quoi qu'il en soit, je n'ai point prétendu empêcher qu'on ne parlât contre mes ouvrages. Je l'aurais prétendu inutilement. Quid de te alii loquantur ipsi videant, dit Cicéron, sed loquentur tamen.
Je prie seulement le lecteur de me pardonner cette petite préface que j'ai faite pour lui rendre raison de ma tragédie. Il n'y a rien de plus naturel que de se défendre quand on se croit injustement attaqué. Je vois que Térence même semble n'avoir fait des prologues que pour se justifier contre les critiques d'un vieux poète malintentionné, malevoli veteris poetae, et qui venait briguer des voix contre lui jusqu'aux heures où l'on représentait ses comédies.
Occepta est agi ;
Exclamat, etc.
On me pouvait faire une difficulté qu'on ne m'a point faite. Mais ce qui est échappé aux spectateurs pourra être remarqué par les lecteurs. C'est que je fais entrer Junie dans les Vestales, où, selon Aulu-Gelle, on ne recevait personne au-dessous de six ans, ni au-dessus de dix. Mais le peuple prend ici Junie sous sa protection ; et j'ai cru qu'en considération de sa naissance, de sa vertu et de son malheur, il pouvait la dispenser de l'âge prescrit par les lois, comme il a dispensé de l'âge pour le consulat tant de grands hommes qui avaient mérité ce privilège.
Enfin je suis très persuadé qu'on me peut faire bien d'autres critiques, sur lesquelles je n'aurais d'autre parti à prendre que celui d'en profiter à l'avenir. Mais je plains fort le malheur d'un homme qui travaille pour le public. Ceux qui voient le mieux nos défauts sont ceux qui les dissimulent le plus volontiers. Ils nous pardonnent les endroits qui leur ont déplu, en faveur de ceux qui leur ont donné du plaisir. Il n'y a rien, au contraire, de plus injuste qu'un ignorant. Il croit toujours que l'admiration est le partage des gens qui ne savent rien. Il condamne toute une pièce pour une scène qu'il n'approuve pas. Il s'attaque même aux endroits les plus éclatants, pour faire croire qu'il a de l'esprit. Et pour peu que nous résistions à ses sentiments, il nous traite de présomptueux, qui ne veulent croire personne, et ne songe pas qu'il tire quelquefois plus de vanité d'une critique fort mauvaise, que nous n'en tirons d'une assez bonne pièce de théâtre :

Homine imperito nunquam quidquam injustius.

Extrait de l'étude :

Dans cette préface Racine nous à montré la justification de ses choix et l’exposition des règles et des codes qui régissent le genre de la tragédie...

Plan du commentaire :

Introduction

I- Le refus d’invraisemblance, d’incohérence et d’extraordinaire

Transition

II- La référence des anciens

Conclusion

Ouverture

Les corrigés du bac de français, des études complètes. Pour vous procurer le document, cliquez sur le lien :

Première préface de Britannicus, Racine, la querelle des anciens



La querelle des anciens, études

L'évolution de l'expression, "les poètes malintentionnés dans la littérature",éléments pour une dissertation
La première préface de Britannicus, Racine, la querelle dans anciens
Sur les poèmes des anciens, Saint Evremond
Boileau, l'art poétique